6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 2242 Date de sortie 27 avril 2016 RĂ©alisĂ© par Olivier Ducastel et Jacques Martineau Avec Geoffrey CouĂ«t, François Nambot, Mario Fanfani, Bastien Gabriel, Miguel Ferreira, Ăric Dehak, Arthur Dumas, Patrick Joseph Genre ComĂ©die dramatique Production Française Synopsis ThĂ©o Geoffrey CouĂ«t et de Hugo François Nambot se rencontrent dans un club libertin. TrĂšs vite la complicitĂ© entre eux dĂ©passe le simple lien charnel. PassĂ© lâexaltation des premiĂšres Ă©treintes passionnĂ©es, dĂ©grisĂ©s, ils errent dans les rues vides du Paris nocturne, et se confrontent Ă leur amour naissant. Puis la peur au ventre direction les urgences. Et si Hugo, sĂ©ropositif, avait contaminĂ© ThĂ©o qui a fait lâerreur, dans un moment dâabandon, de vivre lâinstant sans protection ? Conversation entre les rĂ©alisateurs, Olivier Ducastel et Jacques Martineau La scĂšne dâouverture Olivier Ducastel Jâimagine quâon va beaucoup nous parler de la sceÌne dâouverture du film. Pourtant, elle a eÌteÌ assez simple aÌ tourner, tu ne trouves pas ? Jacques Martineau Je crois que câest parce que nous racontions une vraie histoire, que nous eÌtions tous concentreÌs sur cet objectif qui a rendu le filmage de la sexualiteÌ aussi naturel que ce que nous avions imagineÌ lorsque nous avons conçu le projet. Ce nâest pas quâune sceÌne de coiÌt et la "performance" qui consiste aÌ filmer des comeÌdiens en eÌrection, sâest compleÌtement effaceÌe meÌme si, quand meÌme, ça ne se fait pas comme une sceÌne de repas ! devant les neÌcessiteÌs du reÌcit il fallait quâon croie aÌ cette rencontre amoureuse, aÌ cet eÌlan eÌperdu du deÌsir. La question des regards eÌtait pour nous tous la plus essentielle. Mais il faut admettre que cette sceÌne nâa pas rendu la production du film treÌs simple. La production du film Olivier Ducastel Oui et non. Nous savions, avec Emmanuel Chaumet, deÌs que nous avons lanceÌ lâeÌcriture, quâil nous faudrait rester dans ce que nous appelons la cateÌgorie des films pirates, totalement en dehors des circuits de financement habituels du cineÌma français. Partant de laÌ, on pense son film diffeÌremment deÌs lâamont. Cela ne nous a pas seulement offert une grande liberteÌ, mais nous a aussi inciteÌs aÌ aller au bout de nos ideÌes ça ne valait pas la peine de se mettre en marge si câeÌtait pour produire aÌ la fin des images eÌdulcoreÌes. Le filmage de cette premieÌre sceÌne eÌtait aussi une expeÌrience nous voulions veÌrifier quâil eÌtait possible de filmer la sexualiteÌ en sâeÌcartant aÌ la fois des interdits "moraux" et eÌconomiques et de la grammaire classique des films pornographiques qui utilise les gros plans en inserts, lesquels permettent dâemployer des doublures. Les comeÌdiens Jacques Martineau Du coup, les comeÌdiens nâont pas eÌteÌ pour rien dans cette affaire, tu ne crois pas ? Olivier Ducastel Oui, naturellement. Ils eÌtaient tellement deÌcideÌs, ils nous ont parus si eÌvidents pour le roÌle, que ça a leveÌ bien des inquieÌtudes et nous a aideÌ aÌ aller de lâavant. Geoffrey CoueÌt et François Nambot ont eu la chance de passer leur sceÌne dâessais ensemble et ils se sont immeÌdiatement imposeÌs aÌ nos yeux. Nous les avons rencontreÌs, nous avons discuteÌ du projet, de la question du filmage de la sexualiteÌ et nous les avons choisis. CâeÌtait un coup de cĆur. Jacques Martineau Jecrois quâil faut preÌciser que nous avons fait un casting relativement ordi- naire, par la voie dâune annonce treÌs explicite qui a dâembleÌe eÌcarteÌ beaucoup de candidats avant meÌme les essais de jeu classiques sur une sceÌne de comeÌdie eÌcrite pour lâoccasion. Olivier Ducastel Oui, et ce nâest quâapreÌs avoir proposeÌ le roÌle aÌ François et Geoffrey, et aÌ eux seuls, que nous avons fait des essais de filmage de la sexualiteÌ. Il sâagissait de veÌrifier tous ensemble que nous nous sentions suffisamment aÌ lâaise. Nous avons fait cela avec le chef-opeÌrateur, son assistante et notre assistant aÌ la mise en sceÌne. Comme un petit tournage. CâeÌtait aussi pour que les comeÌdiens puissent deÌcider de ne pas aller plus loin dans lâaventure. Une histoire dâamour avant tout Jacques Martineau Ăa nous a rassurĂ©s sur notre capacitĂ© collective Ă filmer la sexualitĂ© comme nous lâimaginions, mais je crois que ce qui nous a le plus emballĂ©, câest quâavec Geoffrey et François, Ă lâimage, on voyait surtout quelque chose de trĂšs amoureux. Parce quâau fond nous voulions raconter une histoire dâamour avant tout. Câest bien ce que tu mâavais commandĂ©, nâest-ce pas ? Olivier Ducastel Jâavais envie dâun rĂ©cit qui raconte le dĂ©but dâune histoire dâamour. Tous nos films parlent dâamour, mais je voulais revenir Ă la source. Peut-ĂȘtre pour rejoindre et dĂ©nouer Jeanne et le garçon formidable qui racontait la naissance dâun amour qui ne pouvait aboutir. LĂ , jâavais envie dâune histoire qui aille au contraire vers une fin heureuse, mĂȘme si les personnages vivent des moments difficiles qui menacent cette histoire naissante. Jacques Martineau Parce que lâĂ©closion dâun amour, câest aussi lâhistoire dâune prise de risque lâamour est en soi une prise de risque. Il ne sâagit pas de dire que baiser sans se protĂ©ger est un signe dâamour, mais de raconter une fiction qui met en scĂšne ce moment oĂč on se dit quâon tombe amoureux, quâon accepte cet amour, mĂȘme si, on le sait, Ă un moment ou un autre, le prix Ă payer risque dâĂȘtre assez Ă©levĂ©. Et câest une prise de risque aussi parce que personne ne sait vraiment ce que ça veut dire "ĂȘtre amoureux". On sent un truc, on dĂ©cide que câest de lâamour, mais on ne sait pas vraiment si câest solide. Un film gay Olivier Ducastel Comme dâautre part nous voulions aussi rĂ©aliser un film gay, une histoire entre deux garçons, il nous a paru Ă©vident de placer la sexualitĂ© en premier. Parce que câest quand mĂȘme souvent comme ça que ça commence chez les gays et aussi parce quâen lâespĂšce la rencontre amoureuse sexuelle entraĂźne rapidement un conflit Ă cause de la sĂ©ropositivitĂ© dâun des deux partenaires. Câest Jeanne un peu, mais Ă une autre Ă©poque et en version happy ending. Enfin, si on nâĂ©coute pas trop Hugo qui parle dĂ©jĂ de la sĂ©paration future. Jacques Martineau Tu dis "un film gay". On va encore se faire taper sur les doigts ! Olivier Ducastel Ăa ne nous a jamais fait peur. Jacques Martineau Non et câest pas Ă notre Ăąge quâon va commencer Ă dĂ©clarer que câest "clivant" de penser ainsi. Personne ne nous croirait, de toute façon. Olivier Ducastel Mais je ne vois pas pourquoi les hĂ©tĂ©ros ne pourraient pas voir notre film. Jacques Martineau Ouais, lâamour câest universel ! Olivier Ducastel Un peu passe-partout comme slogan, non ? Jacques Martineau Alors le sexe câest universel ! Un film en temps rĂ©el Olivier Ducastel Hum ! Par les temps qui courent, je nâen suis pas si sĂ»r. Attendons de voir. On pourrait juste dire que câest un film, un film en temps rĂ©el qui plus est. Câest intĂ©ressant le temps rĂ©el, non ? Câest toi qui a en eu lâidĂ©e, pourquoi ? Jacques Martineau Ăa sâest un peu imposĂ© Ă moi, ce dĂ©sir dâattraper un personnage et de ne pas le lĂącher. Je me suis dit que tant quâĂ vouloir parler de la naissance dâun amour, autant ne pas trop user des artifices dâun rĂ©cit Ă ellipses. Rester dans la tension de ce moment, chercher Ă susciter chez le spectateur le simple dĂ©sir de savoir si, entre ces deux-lĂ , pour finir, une histoire dâamour va vraiment dĂ©buter. De ce point de vue, commencer par la grande scĂšne de sexe mâest vite apparu nĂ©cessaire aussi en termes narratifs. Il me semble quâelle donne lâĂ©lan et lâimpulsion du rĂ©cit. Câest elle qui permet ensuite quâon accepte les lĂ©gers flottements du temps rĂ©el, les moments moins denses et il me semble du film, de renoncer complĂštement Ă construire une autre tension dramatique que celle liĂ©e Ă lâenvie dâaccompagner les deux personnages jusquâau moment oĂč on peut espĂ©rer que leur histoire dâamour continue de la trivialitĂ© du sexe Ă quelque chose de plus sentimental. Lâamour, quoi ! Olivier Ducastel Dans tout ça, il y a aussi lâenvie dâexplorer un nouveau "genre" filmique. Les films en temps rĂ©el qui donnent lâillusion du temps rĂ©el, mâont toujours plu. Je venais dâailleurs de voir Locke de Steven Knight qui mâa vraiment confirmĂ© ce goĂ»t. Jacques Martineau Et ça explique aussi le titre qui est une rĂ©fĂ©rence Ă Rivette, grand amateur de temps rĂ©el. Olivier Ducastel Et le nom du personnage ! ThĂ©o est un hommage Ă la ClĂ©o dâAgnĂšs Varda. Mais ThĂ©o de 4 Ă 6, ça aurait Ă©tĂ© un peu trop rĂ©fĂ©rencĂ©. ThĂ©o câest suffisamment transparent comme ça. Jacques Martineau Je crois aussi que nous nâaimons pas beaucoup refaire ce que nous avons dĂ©jĂ fait. Câest amusant de se frotter Ă de nouvelles difficultĂ©s Ă chaque fois. Parce que, quand mĂȘme, câest diffĂ©rent de prĂ©parer, tourner et monter un film en temps rĂ©el. Olivier Ducastel Oui, bien sĂ»r. En amont, nous avons beaucoup lu et relu le scĂ©nario, avec les comĂ©diens, avec les membres de lâĂ©quipe, dont le monteur, pour tenter dâĂȘtre au plus juste, de retirer dĂ©jĂ tout ce qui, dans un film "normal", tombe naturellement au montage. Cela impose des choix, pas toujours faciles Ă faire car, aprĂšs, on doit sây tenir. Pour les dĂ©cors, on suit les comĂ©diens dans leur trajet. LĂ encore, mĂȘme sâil y a quelques contractions de lâespace rĂ©el, nous avons choisi en amont et nâavons pas pu, comme Ă lâhabitude, privilĂ©gier tel ou tel lieu qui aurait Ă©tĂ© plus simple en terme de logistique ou de lumiĂšre. Mais nous avons beaucoup arpentĂ© les dĂ©cors avant le tournage, pour ĂȘtre sĂ»rs de notre coup. Au montage, il y avait des interdits. Nous avons demandĂ© Ă Pierre Deschamps, le monteur, de travailler pendant le tournage. Cela permettait de vĂ©rifier que notre parti-pris fonctionnait. Dans le pire des cas, nous aurions pu retourner un bout de scĂšne, nous nâavons pas eu Ă le faire. Ensuite, comme la libertĂ© au montage Ă©tait relativement rĂ©duite, nous avons laissĂ© le monteur travailler seul encore plus que sur nos films prĂ©cĂ©dents. Il nous a surpris par le choix de certaines prises que nous avions a priori Ă©cartĂ©es au moment du tournage, mais qui finalement trouvait mieux leur place dans la continuitĂ© du film, soit en apportant de la fluiditĂ©, soit au contraire en bousculant un peu lâattendu. Et puis mĂȘme si le temps rĂ©el contraint beaucoup, il laisse pas mal de petites libertĂ©s dont Pierre a su se saisir il a un un bon sens du rythme que jâaime beaucoup. Jacques Martineau Cela dit, il y a quand mĂȘme des sĂ©quences dĂ©coupĂ©es sur lesquelles le travail de montage Ă©tait assez lourd, en particulier la premiĂšre. Mais il fallait toujours conserver le sentiment du temps rĂ©el. Ăa se joue sur des raccords, certains plans pris dans leur durĂ©e, etc. Si on ajoute la petite Ă©conomie, câest en dĂ©finitive un film qui sâest beaucoup construit autour de contraintes formelles et techniques, dont dĂ©coule en grande partie la mise en scĂšne. CâĂ©tait plutĂŽt bĂ©nĂ©fique, en particulier pour filmer le Paris nocturne dont nous avions envie, non ? Filmer le Paris nocturne Olivier Ducastel Oui, bien sĂ»r. Par exemple, si nous avons osĂ© dâaussi longs plans sĂ©quences câĂ©tait Ă la fois pour des questions de jeu, mais aussi pour des raisons Ă©conomiques dĂ©couper prend un temps fou et techniques dans la rue, la nuit, sauf Ă bĂ©nĂ©ficier de moyens Ă©normes, on ne peut maĂźtriser la lumiĂšre, or les tempĂ©ratures de couleur changent Ă©normĂ©ment dans Paris. Dans certains plans, il y a des anomalies » lumineuses, on passe du jaune au blanc, les changements de couleur des feux produisent des effets Ă©tranges sur les comĂ©diens, etc. Tout cela, dans un film classiquement dĂ©coupĂ© poserait dâimportants problĂšmes de raccords dans un plan sĂ©quence, le spectateur accepte ces variations parce quâil les comprend. Notre chef-opĂ©rateur, Manuel Marnier, a formidablement gĂ©rĂ© toutes ces contraintes. Pour la lumiĂšre, avec des moyens trĂšs lĂ©gers, il a rĂ©ussi Ă nous offrir une nuit parisienne rĂ©aliste, sombre comme nous le souhaitions, qui Ă©vite les horribles effets verts sur les visages des comĂ©diens. Et jâaime aussi beaucoup son sens du cadre, son habiletĂ© Ă faire entrer avec justesse les accidents du rĂ©el. Jacques Martineau Quand on a si peu de moyens, on ne peut pas maĂźtriser la circulation, les passants, etc. Dans les plans sĂ©quences, les accidents habitent le plan trĂšs naturellement. On peut, au montage, choisir un plan non seulement pour le jeu, mais aussi pour les Ă©vĂ©nements extĂ©rieurs nous avons eu quelques passages de voitures, camions, ambulances ou motos que nous nâaurions pas mĂȘme eu lâidĂ©e dâorganiser si nous avions eu un gros budget. DerriĂšre les comĂ©diens, nous avons tentĂ© de saisir aussi le Paris nocturne, vide, mystĂ©rieux, habitĂ© de quelques prĂ©sences diffuses, traversĂ© des feux des vĂ©hicules, illuminĂ© par le mobilier urbain ou les quelques enseignes qui restent Ă©clairĂ©es toute la nuit. Olivier Ducastel Le film est une dĂ©claration dâamour Ă cet Est-parisien que nous habitons, que nous aimons beaucoup et que nous avions dĂ©jĂ filmĂ©, il y a 18 ans, dans Jeanne. Il se trouve quâaujourdâhui, parce que le trajet des personnages croise un moment celui des terroristes du 13 novembre, ces images prennent un poids nouveau. Par un hasard assez troublant, câest au moment oĂč ThĂ©o passe devant les deux cafĂ©s oĂč ont dĂ©butĂ© les fusillades, que nous avons mis des images mentales de cauchemar. Mais le film Ă©tait montĂ© avant les attentats, ce nâest que pure coĂŻncidence. La musique Jacques Martineau Si nous parlons de Paris, je crois que câest le moment dâĂ©voquer aussi la musique. Jây pense parce quâaprĂšs la scĂšne du sexe-club, elle contribue selon moi Ă souligner non seulement la couleur psychologique de certaines scĂšnes, mais aussi Ă ouvrir le spectateur Ă une meilleure perception de lâespace. Parfois, vraiment, il me semble quâelle aide Ă mieux voir les dĂ©cors, Ă en mesurer la profondeur mystĂ©rieuse. Et certains plans, comme la course le long du canal, ont Ă©tĂ© tournĂ©s pour lui laisser de la place. Elle Ă©tait essentielle pour nous, nâest-ce pas ? Olivier Ducastel Oui, Ă commencer bien sĂ»r, par la scĂšne dâouverture sans dialogue. Il fallait une musique de sexe-club, qui enchaĂźne les morceaux comme dans une playlist mais qui, pourtant, soit composĂ©e en partie Ă lâimage pour souligner certaines inflexions du rĂ©cit. Et nous voulions aussi quelque chose de trĂšs Ă©nergique, sauvage et lyrique. Cette scĂšne doit ĂȘtre une sorte dâexpĂ©rience visuelle et sonore pour le spectateur, Ă la mesure de lâexpĂ©rience existentielle que vivent les personnages. Je crois que le spectateur peut en sortir un peu Ă©puisĂ©, avec presque autant de dĂ©sir de respirer lâair frais de la rue que les personnages qui se retrouvent seuls, ensemble, dans lâintimitĂ© Ă©trange de ce Paris dĂ©sert. Jacques Martineau Il y a quand mĂȘme un titre dâAsaf Avidan. Pour le plaisir et aussi pour crĂ©dibiliser la musique du dĂ©but comme musique de sexe-club. Olivier Ducastel Parce que tout le reste de la musique a Ă©tĂ© composĂ© par un collectif de jeunes gens dont fait partie le mixeur du film. Nous avons aimĂ© les compositions quâils nous ont fait entendre et nous nous sommes dit que ce serait bien de faire confiance Ă des jeunes gens qui ont un goĂ»t musical de leur Ă©poque, un goĂ»t vraiment contemporain. Jacques Martineau Travailler avec des jeunes gens pour qui câĂ©tait une premiĂšre expĂ©rience de long-mĂ©trage, câĂ©tait un peu le mot dâordre du film de toute façon. Pour nous obliger Ă ne pas ĂȘtre dans la routine, et aussi pour prolonger le travail de transmission et dâenseignement que nous effectuons, toi Ă la FĂ©mis, moi Ă lâUniversitĂ© de Nanterre. CâĂ©tait une belle expĂ©rience. LâĂ©volution de notre collaboration Olivier Ducastel Et notre collaboration ? On nous pose toujours une question sur lâĂ©volution de notre collaboration. Jacques Martineau Bon, quoi, nous ne vivons plus ensemble, câest pas un secret et je nâai pas tellement lâimpression que ça a beaucoup changĂ© notre maniĂšre de travailler. Tu as toujours Ă©tĂ© relativement interventionniste sur lâĂ©criture, mais en me laissant totalement libre de mon travail. Idem pour la mise en scĂšne de mon cĂŽtĂ©. Avec les comĂ©diens, au montage, au mixage, je crois que nous avons partagĂ© comme Ă notre habitude. Avec nos compĂ©tences particuliĂšres. Tu vois quelque chose de diffĂ©rent ? Olivier Ducastel Juste un dĂ©tail plus de libertĂ© en ce qui me concerne pour parler de la sexualitĂ© avec toi. Jacques Martineau Câest super intime, ça. Tu crois quâon peut vraiment lâimprimer ? Olivier Ducastel Bah ! AprĂšs ce quâon a filmé⊠Ils rigolent. Mon opinion TrĂšs loin de leur premier film, Jeanne et le garçon formidable, du sympathique DrĂŽle de FĂ©lix ou du trĂšs beau, L'Arbre et la forĂȘt, dans lesquels de grands comĂ©diens participaient Ă la rĂ©ussite de ces rĂ©alisations, les deux rĂ©alisateurs prennent un virage Ă 180°. Une trĂšs longue scĂšne d'ouverture orgiaque est telle une publicitĂ© pour le sex-club parisien. Par ailleurs trĂšs bien filmĂ©e. S'en suit une balade, presque rĂȘvĂ©e, dans un Paris nocturne en vĂ©lib, Ă pied, en courant aussi. Quand viendra le questionnement sur la prise de risque d'une relation sans protection, le film prend des airs didactique et s'enfonce dans les clichĂ©s. Le passage aux urgences, d'un hĂŽpital parisien. L'immigration, avec un vendeur de kebab. Les retraites, aussi, avec une charmante vielle dame obligĂ©e de faire des mĂ©nages, pour amĂ©liorer l'ordinaire, sans se plaindre par ailleurs. Jacques Martineau a dĂ©clarĂ© "Je crois aussi que nous nâaimons pas beaucoup refaire ce que nous avons dĂ©jĂ fait. Câest amusant de se frotter Ă de nouvelles difficultĂ©s Ă chaque fois. Parce que, quand mĂȘme, câest diffĂ©rent de prĂ©parer, tourner et monter un film en temps rĂ©el." Certes, mais pour ce film c'est passablement ratĂ©. Dommage. Published by CinĂ© Alain - dans Des films en 2016
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ThĂ©oet Hugo dans le mĂȘme bateau. Partager. Informations pratiques . Du mercredi 27 avril 2016 au mardi 3 mai 2016 . PrĂ©sentation. Assistez Ă nos sĂ©ances exclusives de THEO & HUGO DANS LE MEME BATEAU au mk2 Beaubourg - Mercredi 27 avril Ă 11h05 et 13h10 en prĂ©sence des rĂ©alisateurs Olivier DUCASTEL et Jacques MARTINEAU pour une prĂ©sentation en avant sĂ©ance.
Sign In Karelle & Kuntur Soundtrack 2016 Full of Fools 1 421 Souvenirs de primaire Backroom Edit 2 907 Impact 3 305 SĂ©bastopol 4 216 ChĂąteau d'eau 5 158 Bichat 6 318 Juliette Dodu 7 145 Jemmapes 8 207 JaurĂšs 9 223 Canal Saint-Martin 10 150 Stalingrad 11 123 We Care 12 455 April 27, 2016 12 Songs, 38 Minutes â 2016 Ecce Films More by Karelle & Kuntur
Sortieen salle le 27/04/2016 interdit -16 ans Un film de Jacques Martineau, Olivier Ducastel avec Geoffrey Couet, François Nambot Dans un sex-club, les corps de ThĂ©o et de Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mĂȘlent en une Ă©treinte passionnĂ©e. PassĂ© l'emportement du dĂ©sir et l'exaltation de ce premier moment, les deux jeunes hommes dĂ©grisĂ©s, dans les rues
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CinĂ©ma PubliĂ© le 28/04/16 mis Ă jour le 08/12/20 Partager Avec âHugo et ThĂ©o dans le mĂȘme bateauâ, les deux rĂ©alisateurs reviennent Ă la comĂ©die amoureuse qu'ils affectionnent, hĂ©ritĂ©e du cinĂ©ma de Demy et de la Nouvelle Vague, tout en revendiquant plus haut et plus fortement que jamais leur identitĂ© gay. Faut-il pour autant parler de radicalitĂ© ? Rencontre. Vos films ont toujours affirmĂ© une identitĂ© gay mais jamais autant que Hugo et ThĂ©o dans le mĂȘme bateau. Vous vous radicalisez ? Jacques Martineau Economiquement, oui, car notre film a Ă©tĂ© fait avec trĂšs peu d'argent. Ăa faisait six ans que nous n'avions pas tournĂ© car il a Ă©tĂ© impossible de financer nos projets, qui Ă©taient justement plus larges, plus chers aussi, avec des Ă©lĂ©ments Ă©ventuellement queer mais pas gay. Il y avait, par exemple, dans une comĂ©die que nous avions Ă©crite, un personnage de garçon qui portait des jupes mais qui Ă©tait hĂ©tĂ©ro. Quand vous dites que ce film est plus radicalement gay, c'est une vision française. Au festival de Berlin, il n'a pas Ă©tĂ© vu comme ça. La presse allemande a Ă©tĂ© trĂšs sensible Ă la radicalitĂ© esthĂ©tique du film mais n'a pas parlĂ© d'une radicalitĂ© gay. GrĂące aux Teddy Awards, ces prix qui ont attirĂ© tout le cinĂ©ma gay Ă Berlin, ce cinĂ©ma gay n'est plus Ă part. En France, on n'en est pas lĂ . Olivier Ducastel Je pense que notre film est plus facile Ă regarder que l'idĂ©e qu'on peut s'en faire. C'est surtout une histoire d'amour. A Berlin, il a Ă©tĂ© vu par un public trĂšs large. MĂȘme si on ne peut pas gĂ©nĂ©raliser les rĂ©actions que nous avons eues, les garçons hĂ©tĂ©rosexuels n'ont pas exprimĂ© de malaise mais, au contraire, de la curiositĂ©. Et les femmes hĂ©tĂ©rosexuelles adorent le film. La radicalitĂ©, c'est le fait d'ouvrir le film par une sĂ©quence de vingt minutes dans un sex club. Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Jacques Martineau C'est bien de rappeler que la sexualitĂ© est une part trĂšs importante de la relation amoureuse. La littĂ©rature et les arts en gĂ©nĂ©ral l'ont beaucoup occultĂ©e par pudibonderie. Sauf les Romantiques, qui mettent le cul avant le cĆur, contrairement Ă ce qu'on croit. C'est important, la fusion des corps ! Et c'est un enjeu de cinĂ©ma. Chercher les limites de ce qu'on peut montrer, les frontiĂšres entre les images possibles ou pas, courir le risque de se casser la gueule, c'est vraiment ce qui nous anime en tant que cinĂ©astes. Olivier Ducastel DĂšs Jeanne et le garçon formidable 1998, on a voulu intĂ©grer une scĂšne de sexe dans la fiction. C'Ă©tait compliquĂ© pour nous de le demander aux acteurs, compliquĂ© de le mettre en scĂšne, mais ça nous intĂ©ressait d'affronter cela. Dans DrĂŽle de FĂ©lix 2000, nous n'Ă©tions pas allĂ©s aussi loin que nous le voulions parce que nos deux acteurs Ă©taient hĂ©tĂ©rosexuels. Les baisers, ça passait mais c'Ă©tait tout. Si la reprĂ©sentation de la sexualitĂ© nous intĂ©resse, c'est sans doute aussi parce que, en tant que spectateurs, on voit trĂšs peu de films convaincants sur la question. Pour moi, il y a eu IntimitĂ© 2001 de Patrice ChĂ©reau, mais je ne peux pas en citer beaucoup d'autres. âIl y a des livres extrĂȘmement cochons qui sont vendus en librairie et ça ne pose de problĂšme Ă personne.â Jacques Martineau Olivier Ducastel et Jacques Martineau © AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT Le cinĂ©ma est-il trĂšs prude ? Jacques Martineau Le problĂšme du cinĂ©ma, c'est ce qui se passe dans la tĂȘte du spectateur. Il y a des livres extrĂȘmement cochons qui sont vendus en librairie et ça ne pose de problĂšme Ă personne. Mais quand les gens voient des personnages faire l'amour Ă l'Ă©cran, ils ne voient plus la crĂ©ation, ils ne voient plus l'expression artistique, ils voient une vĂ©ritable scĂšne de cul et ça leur pose problĂšme. Oui, dans notre film, nos acteurs font de vraies fellations mais ce n'est pas une scĂšne intime qu'on a volĂ©e, c'est un tournage, c'est une mise en scĂšne. Nos acteurs jouent des rĂŽles. Olivier Ducastel On ne voulait pas mettre les spectateurs gays en situation de regarder un porno. On voulait qu'ils suivent une fiction, des personnages, un couple qui se rencontre en faisant l'amour. Mais il n'y a aucune volontĂ© de faire de ces images une source d'excitation sexuelle. âLes discours excluants de la Manif pour tous ont fait beaucoup de mal aux jeunes.âOlivier Ducastel A travers les personnages de Hugo et ThĂ©o, vous avez envie de parler aux jeunes homosexuels ? Le film aborde concrĂštement les questions de prĂ©vention... Olivier Ducastel Les gens qui ont 20 ans aujourd'hui, Ă l'Ă©poque de la manif pour tous, ont besoin qu'on fasse des films qui disent âSoyez heureux d'ĂȘtre gays !â Les discours excluants de la Manif pour tous ont fait beaucoup de mal aux jeunes. Sans parler du fait que, dans les familles de ceux qui ont manifestĂ©, il y a Ă©videmment aussi des jeunes gays et pour eux, garçons ou filles, ce sont des choses terribles Ă vivre. Jacques Martineau On a toujours voulu mettre en scĂšne un jeune sĂ©ropositif. Ce n'est pas liĂ© Ă une volontĂ© de prĂ©vention, c'est simplement parce qu'on s'inspire de ce qu'on voit autour de nous. Et ce qu'on voit, c'est que les contaminations continuent chez les jeunes. ThĂ©o et Hugo dans le mĂȘme bateau est interdit aux moins de 16 ans et on a trĂšs peur qu'il soit au bout d'une semaine interdit aux moins de 18. Ce serait trĂšs dommage car c'est un film qui peut intĂ©resser les jeunes, et les aider. François Nambot, Geoffrey CouĂ«t et Jeffry Kaplow dans ThĂ©o & Hugo dans le mĂȘme bateau, le film d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau © Ecce Films De quoi dĂ©pend l'interdiction aux moins de 18 ans ? Olivier Ducastel Du fait qu'il y ait ou pas une action en justice menĂ©e par l'association Promouvoir. Il est question que la loi soit modifiĂ©e mais on est encore dans le systĂšme oĂč Promouvoir peut avoir le dernier mot. La commission de classification des films donne un avis, qui en gĂ©nĂ©ral suivi par le ministre de la Culture. Sauf que si un recours est dĂ©posĂ©, la dĂ©cision revient alors Ă un juge. Et ça change tout. Jacques Martineau Le juge ne se prononce pas en vertu des critĂšres de la classification des films mais en vertu du code de protection des mineurs. Or le code des mineurs dit, texto, qu'Ă partir du moment oĂč il y a un organe sexuel en Ă©tat d'excitation, le film doit ĂȘtre interdit aux moins de 18 ans. Olivier Ducastel L'avis de la commission de classification, qui reprĂ©sente plusieurs points de vue, devrait suffire. Mais il y a ce vieux dĂ©cret qui permet de dĂ©poser un recours devant un juge. Promouvoir a dĂ©couvert ce dĂ©cret il y a une vingtaine d'annĂ©es et l'utilise Ă tours de bras. L'interdiction aux moins de 18 ans n'aurait pas seulement pour consĂ©quence de barrer le film Ă des jeunes, elle Ă©loignerait aussi des adultes qui se diront si c'est interdit aux moins de 18 ans, ce n'est pas ce que je cherche. Alors que Hugo et ThĂ©o dans le mĂȘme bateau n'est pas un film porno. âLe cinĂ©ma gay, c'est un Ă©norme iceberg avec trĂšs peu de films distribuĂ©s dans les sallesâ Olivier Ducastel Le cinĂ©ma gay existe-t-il en dehors du festival de Berlin ? Olivier Ducastel Le cinĂ©ma gay, c'est un Ă©norme iceberg avec trĂšs peu de films distribuĂ©s dans les salles et une masse de films qui sont accessibles autrement, en dvd, sur internet en vod, dans les festivals. Ceux qu'on peut voir en salles ne sont pas toujours les plus rĂ©ussis, c'est trĂšs variable. Ăa dĂ©pend Ă©galement des pays. Internet permet d'avoir accĂšs Ă des films gays lĂ oĂč ils sont interdits. Nous avons des tĂ©moignages d'Ă©tudiants de TĂ©hĂ©ran qui ont pu voir nos films comme ça. Jacques Martineau Il faudrait de longues pages web pour dire ce qu'est le cinĂ©ma gay. L'important, c'est qu'il y a un imaginaire qui circule, un dialogue entre les cinĂ©astes. My Own Private Idaho 1991 de Gus Van Sant est un film fondateur auquel j'ai toujours envie de revenir pour relancer le dialogue et continuer. Je ne crois pas que les gays ont une vision ontologiquement diffĂ©rente du monde, mĂȘme si on voit forcĂ©ment le monde diffĂ©remment quand on est minoritaire. Alain Guiraudie sera en compĂ©tition Ă Cannes. Sa maniĂšre d'affirmer son identitĂ© gay et son ambition artistique vous intĂ©resse-t-elle ? Jacques Martineau Guiraudie a eu son plus grand succĂšs avec L'Inconnu du lac 2013, sans doute parce que c'est son film le plus accessible du point de vue narratif et le plus beau visuellement. Ce succĂšs est un phĂ©nomĂšne trĂšs important Ă observer si on veut parler de radicalitĂ© c'est le film le plus gay de Guiraudie qui a rencontrĂ© le plus large public. Sa dĂ©marche est intellectuellement proche de la nĂŽtre mais il travaille sur des thĂ©matiques et des modes de reprĂ©sentation des gays qui sont trĂšs diffĂ©rents. C'est ça qui est intĂ©ressant. Nous sommes trĂšs contents qu'il soit Ă Cannes car nous allons ĂȘtre dans le jury de la Queer Palme. homosexualitĂ© Queer Palm Jacques Martineau Olivier Ducastel Partager Contribuer Sur le mĂȘme thĂšmeTheoand Hugo (ThĂ©o et Hugo dans le mĂȘme bateau) Trailer (2016)
François Nambot et Geoffrey CouĂ«t Dans ThĂ©o et LĂ©o dans le mĂȘme bateau â Ecce Film/Epicentre Deux garçons se rencontrent dans un sexe-club » pour ce qui pourrait nâĂȘtre quâune brĂšve liaison sans lendemain. Mais aprĂšs une nuit dâerrance et une visite Ă lâhĂŽpital car lâun dâeux nâa pas mis de capote, un couple dâamoureux est interprĂ©tĂ©e par François Nambot acteur Ă dĂ©couvrir actuellement au Lucernaire dans Le jeu de lâamour et du hasard et Geoffrey CouĂ«t, ThĂ©o et Hugo dans le mĂȘme bateau nâest rien dâautre quâune belle histoire dâamour avec du sexe dedans. Les deux rĂ©alisateurs Olivier Ducastel et Jacques Martineau ont confiĂ© Ă 20 Minutes comment sâest dĂ©roulĂ© le tournage de la scĂšne dâouverture, crue sans jamais ĂȘtre sexe club » en tant que lieu de rencontre Nous avons tout de suite su que nous voulions que la scĂšne dâouverture soit sexuellement explicite et les comĂ©diens nous ont suivis sans la moindre hĂ©sitation, raconte Olivier Ducastel. Lâaspect rĂ©aliste vient du fait que cette scĂšne oĂč les corps se mĂȘlent se dĂ©roule dans un vĂ©ritable club naturiste gay parisien. Beaucoup de trentenaires et de quarantenaires se retrouvent de cette façon et cela dĂ©bouche parfois sur de belles relations. » A poil, tout le monde Ă poilLes deux comĂ©diens, Ă©patants, nâhĂ©sitent pas Ă se dĂ©voiler physiquement avant de laisser parler leurs sentiments. Nous avons beaucoup parlĂ© avec eux en amont ce qui fait que le premier moment de gĂȘne est vite passĂ© pour laisser place Ă une grande libertĂ©. Comme il faisait trĂšs chaud sur le plateau, Geoffrey et François restaient nus entre les prises et ne se rhabillaient que pour aller fumer dehors », se souvient Jacques vĂ©ritable chorĂ©graphieLes rĂ©alisateurs avait Ă©crit la scĂšne dans ses moindres dĂ©tails pour que les comĂ©diens sachent exactement ce quâils avaient Ă faire. Le plus difficile Ă©tait de gĂ©rer lâexiguĂŻtĂ© des lieux, prĂ©cise Olivier Ducastel. Nous avons donc dĂ» tout prĂ©voir minutieusement, un peu comme un ballet. Les acteurs connaissaient chacune de leurs actions par cĆur avant de la jouer. Ils avaient appris leurs gestes avec une grande prĂ©cision en lisant nos indications. »GĂ©rer les Ă©rectionsGeoffrey CouĂ«t et François Nambot ne sont pas des acteurs de cinĂ©ma X. Il leur a donc fallu ruser pour se maintenir en forme pendant le tournage. Les prises de vues ont durĂ© quatre jours Ă raison de huit heures de travail quotidiennes, explique Olivier Ducastel. Nous tournions donc les plans sur les sexes en dĂ©but de journĂ©e et nous concentrions sur les regards et les visages quand les acteurs Ă©taient fatiguĂ©s. »
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